L'ombre de moi-même

2016

L'ombre de moi-même

de Didier Martiny et Philippe Petit-roulet

En Bretagne, un homme marche sur la grève. Il semble une silhouette crayonnée par Chaval ou Bosc, l'ombre de lui-même. Hier encore, Serge était un homme remarquable, un type formidable, le directeur de la filiale Asie-Pacifique de la SEMCO. Aujourd'hui, il ne sait plus faire marcher la machine à café et égare ses lunettes. Lui qui voulait changer le monde découvre que le monde change sans lui. Serge vieillit et n'aime pas ça. D'ailleurs, tout le prouve : c'était mieux avant. Le cimetière des éléphants s'annonce et le vieux mâle blanc freine des quatre pattes. Il échafaude des stratégies dérisoires pour fuir la réalité, prétendre que le temps n'a pas de prise sur lui. Plutôt que de racoler des amis sur Facebook, Serge tente d'oublier sa solitude dans les bras d'une femme. Mais l'élue veut changer sa routine. Et s'il recommençait la même erreur qu'autrefois, avec à l'horizon la même cascade d'emmerdements, une ex-femme autoritaire, un fils absent et une belle-mère flageolante ? Le style dépouillé à l'extrême de Petit-Roulet, à contrepied des modes, expose, avec la froideur du scalpel, les contradictions et les ridicules d'un brave homme qui tente, vaille que vaille, de conserver ses illusions sur les autres et, surtout, sur lui-même. On rit, mais pour ne pas pleurer.

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Le résumé

En Bretagne, un homme marche sur la grève. Il semble une silhouette crayonnée par Chaval ou Bosc, l'ombre de lui-même. Hier encore, Serge était un homme remarquable, un type formidable, le directeur de la filiale Asie-Pacifique de la SEMCO. Aujourd'hui, il ne sait plus faire marcher la machine à café et égare ses lunettes. Lui qui voulait changer le monde découvre que le monde change sans lui. Serge vieillit et n'aime pas ça. D'ailleurs, tout le prouve : c'était mieux avant.

Le cimetière des éléphants s'annonce et le vieux mâle blanc freine des quatre pattes. Il échafaude des stratégies dérisoires pour fuir la réalité, prétendre que le temps n'a pas de prise sur lui. Plutôt que de racoler des amis sur Facebook, Serge tente d'oublier sa solitude dans les bras d'une femme. Mais l'élue veut changer sa routine. Et s'il recommençait la même erreur qu'autrefois, avec à l'horizon la même cascade d'emmerdements, une ex-femme autoritaire, un fils absent et une belle-mère flageolante ?

Le style dépouillé à l'extrême de Petit-Roulet, à contrepied des modes, expose, avec la froideur du scalpel, les contradictions et les ridicules d'un brave homme qui tente, vaille que vaille, de conserver ses illusions sur les autres et, surtout, sur lui-même. On rit, mais pour ne pas pleurer.

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