Baignade surveillée
8,02 avis

ROMAN · 2026

Roman

Baignade surveillée

de Laura Kasischke

Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969 ? Le matin, tous les regards étaient médusés par les premières images d’une fusée décollant vers la Lune. L’après-midi, le petit Richie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon du quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître-nageuse était pourtant présente — une splendide étudiante, aux longs cheveux blonds et aux jambes parfaitement bronzées. Mais derrière ses lunettes de soleil, surveillait-elle vraiment la baignade ?

Lire avec un clubAjouter à ma liste

Gratuit · sans engagement

Le résumé

Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969 ? Le matin, tous les regards étaient médusés par les premières images d’une fusée décollant vers la Lune. L’après-midi, le petit Richie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon du quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître-nageuse était pourtant présente — une splendide étudiante, aux longs cheveux blonds et aux jambes parfaitement bronzées. Mais derrière ses lunettes de soleil, surveillait-elle vraiment la baignade ?

Ce qu’en pensent les lecteurs

Les avis de la communauté

7/10
Mission Hills, 16 juillet 1969. Le matin, tout le monde a les yeux rivés sur la fusée qui décolle vers la Lune. L'après-midi, le petit Richie Manning, cinq ans, se noie dans la nouvelle piscine du quartier, bondée en cette journée de chaleur. Une jeune maître-nageuse était pourtant là. Mais surveillait-elle vraiment ? J'ai été happée par l'atmosphère de cette Amérique de la fin des années 1960, entre prospérité insouciante, conquête spatiale et guerre du Vietnam en toile de fond. On sent la chaleur, l'ennui des après-midis d'été, l'odeur du chlore. Mais ce qui fait la richesse du roman, ce sont les destins des témoins. Laura Kasischke ne s'arrête pas au drame : elle suit chacun de ceux qui l'ont croisé de près ou de loin, et montre comment cette tragédie les touche par ricochet, parfois pour toujours. L'écriture est remarquable, à la fois clinique et poétique. Elle dissèque chaque détail avec précision, sans jamais perdre en émotion. Seul petit regret pour moi : l'absence de véritable coup de théâtre. Le roman ne cherche pas à surprendre, et j'aurais aimé être un peu plus bousculée. Un roman sensible et puissant, à lire pour son atmosphère et la finesse de son regard sur l'âme humaine. Je le recommande !
AAmandine Faron
9/10
Dès les premières pages, on sait que le petit Richie va mourir noyé. Et l’auteure réussi ce tour de force d’étirer le temps afin de nous décrire ce qu’il se passe avant le drame, pendant, et un peu après, tout en cachant un autre drame survenu dans la foulée du premier. Ce matin du 16 Juillet 1969, l’Amérique regarde son poste de télévision afin de voir décoller Apollon 11 pour la Lune. Mais Richie, 5 ans, est impatient d’aller à la piscine. Et l’on suit sa longue attente avant d’arriver au bassin (le pique-nique à préparer, la mère qui discute avec tout le monde à la piscine, les moments de nage adulte…). Nous suivons également le père appelé au travail et son désir d’ascension social : une grande maison, une grosse voiture. Alors que sa femme, élevée par une famille pauvre, ne rêve pas d’un ailleurs plus beau et plus riche. Nous suivons la maitre-nageuse qui fait son travail, même si elle a oublié de remettre la ligne de démarcation entre le grand et le petit bassin. Nous suivons une fillette sur son vélo bleu neuf qui se rend également à la piscine, mais seule : le nouveau beau-père qui lui a acheté ce vélo ; sa mère brutale ; et le rôle qu’elle joue dans le drame. Nous découvrons Becca, des années après le drame, une femme alcoolique. Mais quel rôle a-t-elle joué dans le drame ? J’ai aimé les répétitions : la maitre-nageuse (ses jambes bronzée, sa queue de cheval, son sifflet qu’elle fait tourner sur son doigt) ; la fillette sur son vélo bleu (ses longs cheveux roux et le pan de serviette qui dépasse du panier en rotin fixé au guidon) ; le père qui finalement achète un cercueil trop grand ; le bleu de la piscine et le bleu du ciel ; les astronautes… J’ai découvert le nom du drapeau de pirate : le Jolly Roger, qui est le nom de la piscine dans laquelle se rendent Richie, sa mère et son petit frère. J’ai aimé cette extension du temps, et le drame caché dans le drame que l’on ne découvre qu’à la toute fin du roman. L’image que je retiendrai : Celle de l’attente impatiente de Richie, un garçon obéissant qui ne souhaite que rester sous l’eau, là où tout est calme.
AAlex Mot À Mots

Prêt·e à tourner la première page ?

Lisez ce livre entouré·e de lecteurs

Créez un compte gratuit, rejoignez un club qui lit « Baignade surveillée » et avancez ensemble, au même rythme.